Patrimoine de Wittenheim
Centre Ville
Moulin seigneurial
(adresse : rue de Ruelisheim)
Ancien moulin (moulin seigneurial ou banal) du château des
barons d'Andlau : ce bâtiment témoigne de l'activité principale du
bourg durant des siècles, jusqu'à l'apparition de l'industrie
textile au XIXème siècle. Une rénovation a été entreprise en 1752,
en lieu et place d'un bâtiment plus ancien, car la présence d'un
moulin est attestée depuis la fin du XIVème. Ce moulin a cessé ses
activités aux alentours de 1920



Motte féodale du Rebberg Grosstueck
(adresse : rue du Bourg)
On sait qu'au début du XIX ème siècle déjà ce monticule était
planté de vignes, d'où son appellation. La colline et le plateau
adjacents à la rue du Bourg constituent l'emprise du château, érigé
naguère en cet endroit. Dans les années 1920, dans le cadre de la
francisation des noms de rue, la Burgstrasse ou « rue du château »a
été rebaptisée rue du Bourg. Cette mauvaise traduction contribua à
estomper tout souvenir.
En vérité, les informations sur le château de Wittenheim sont
très limitées. Ce château de plaine était érigé sur une motte
aménagée par l'homme.
Le château à travers les âges :
Il n'existe aucune certitude quant à la date d'érection de
l'ouvrage. Par contre, la présence d'une famille noble de
chevaliers est citée dans la chronique de Schœnensteinbach et ce au
moins depuis le XI ème, voire le X ème siècle. En effet, l'un
de ces chevaliers a fait ériger sur un fonds propre, une
chapelle privée placée sous le vocable de Sainte Marguerite, bien
distincte de l'église paroissiale. Il y a fondé un lieu
pour les siens qui y ont été inhumés. Cela correspond à
l'actuel site Don Bosco, mais également au site d'occupation
gallo-romaine découvert en 1978.
Il est également acquis que le fondateur du prieuré de
Steinbach, le chevalier Noker ou Notker, dit de Wittenheim,
successeur ou descendant des précédents, résidait en ces lieux vers
1138. Il est probable qu'il appartienne au lignage de Wittenheim,
déjà cité comme vassal de l'évêque de Bâle en 1135.
Ce lignage pourrait avoir été suffisamment riche et puissant
pour disposer d'un château ou d'une maison fortifiée.
La même chronique fait plusieurs fois état de la présence des
nobles de Hus qui, comme on le sait, étaient très prolifiques, tant
en Haute qu'en Basse Alsace. Le château semble être passé entre
leurs mains, peut-être par alliance matrimoniale, vers 1322. Les
nobles dits de Wittenheim font certainement partie de leur
parentèle, mais ils se déportent vers la région de Colmar.
Leur lignage s'est éteint dans le premier tiers du XVI
ème siècle.
Le 15 avril 1382, le château est tombé aux mains d'une troupe de
l'Alliance des villes partie en guerre contre les nobles de Hus.
Plus tard, en 1397, un parchemin mentionne le partage des biens
entre les différents membres du lignage de Hus. On y évoque
longuement le château de Wittenheim.
En 1423, suite au mariage de Marguerite de Hus avec Hartung
d'Andlau, le château est donné en fief à ce dernier. En 1444, le
château est occupé par les Armagnacs qui y ont établi leurs
quartiers.
Un autre document de 1520 relate à nouveau le partage des biens
et fixe l'occupation du château par alternance entre les quatre
fils de Lazare d'Andlau. Par la suite, la branche aînée conserva le
droit d'occupation du château puis la propriété sous forme
allodiale.
Jean-Baptiste Ellerbach, auteur d'une recherche très détaillée
sur la guerre de Trente Ans, relate en détail l'attaque surprise
des Suédois sur Wittenheim, qui ont infligé une cuisante
défaite aux Impériaux et ont incendié le château au soir du 25
novembre 1632.
Georges Frédéric d'Andlau-Wittenheim, seigneur des lieux, bien
que conseiller à la Régence, ne semble pas avoir disposé des moyens
financiers nécessaire à sa restauration. Lui ou son fils
Wolf-Louis se sont installés dans une maison déjà appelée
à l'époque « le petit château », située au nord du village, à
quelques pas de la chapelle précitée. Les matériaux provenant du
château féodal ruiné ont été, selon toute vraisemblance,
progressivement réemployés pour la reconstruction du village, voire
celle de la nouvelle résidence seigneuriale.
Bien après, le 27 janvier 1823, Georges Conrad d'Andlau, le
dernier représentant de la branche des Andlau-Wittenheim, acculé à
la ruine, a cédé tous ses biens, y compris le site du château
familial, à Jacques Ruell, alors sous-préfet d'Altkirch.
La petite-fille de ce dernier, Angéline Cuénot d'Alaize, ena
fait don à l'évêché de Strasbourg vers 1927 au titre d'une
fondation destinée à l'éducation de jeunes filles pauvres et connue
sous le nom de Don Bosco.
Le château proprement dit :
On observe que les constructeurs du premier château,
vraisemblablement en bois, ont utilisé un dévers de terrain situé à
l'Est du village pour y lever une colline et terrasser un plateau
surélevé, le tout ceint d'un dispositif de fossés ou douves mis en
eau par un ruisseau prenant sa source dans le Nonnenbruch. Son
cours suivait le tracé de l'actuelle rue des Mines - rue du
Millepertuis.
Compte tenu des assauts répétés qu'il a dû subir, aux XIV
ème et XV ème siècle, cet ouvrage a dû être remanié
plusieurs fois au fil des temps.
Hormis la représentation figurée, de pure fiction, que Désiré
Renaud inséra dans sa chronique de Wittenheim, il n'existe aucune
vue du château. Or, cette figure est inexacte si l'on se réfère au
lever fait, en 1711, par Broutin, ingénieur militaire chargé de
consigner l'état des défenses et places fortes de la province.
A cette époque, soit 80 ans après sa destruction, il semble que
le site n'était pas encore totalement arasé. En effet, l'ingénieur
militaire reporte encore nettement les contours des vestiges du
château, y compris de sa basse-cour sur un plateau formant une
dépendance fortifiée à l'ouest, et ceint par un fossé. L'emprise du
château, servant de logis au seigneur, consistait en un ouvrage
rectangulaire flanqué de deux tours, le tout érigé de façon
dominante sur la colline.
Depuis, le site a été fortement érodé. Il est même possible que
la partie sommitale du monticule correspondant à l'emprise du
château ait été re-profilée pour faciliter une mise en culture. Des
fouilles-sondages ont été opérées en divers endroits dans les
années 1950-60 par Désiré Renaud, cela sans autres précisions. Une
archère de tir en grès rose constitue le seul vestige lapidaire du
château disparu.
D'après Jean-Charles Winnlen.
Bibliographie :
- « La colline aux vignes ou le Ràbbargalà », article de
Jean-Charles Winnlen, paru dans le bulletin municipal de décembre
2008



Mairie
(adresse : Place des Malgré-nous)
Le bâtiment date de 1861 et a été construit sur les plans de
l'architecte Laubser. Le principe de construction de la mairie
- école, a été arrêté par le conseil municipal de
Wittenheim, le 24 février 1856. La construction projetée par
l'architecte comportait au rez-de-chaussée, quatre salles de classe
et au 1er étage, le logement des instituteurs et la salle réservée
à la Mairie (située rue d'Ensisheim).
Bibliographie : - «Histoire de
mairie…, histoire d'école.», article de Jean-Charles Winnlen, paru
dans le bulletin municipal de février 1996.

Eglises Sainte-Marie
(adresse : rue de Ruelisheim)
L'église catholique Sainte-Marie a été érigée à partir de 1778
en remplacement de l'église médiévale réputée « caduque et
insuffisante ». Elle a été atteinte par un obus tiré par
nos libérateurs dès décembre 1944. Par la suite, les pointeurs des
tanks destroyers du 6ème R.I.C. ont pris le clocher pour cible, ce
qui a achevé la ruine et l'incendie de l'édifice le 2
février1945.
Bibliographie : - Mémoire en images «
Wittenheim » de Jean-Charles Winnlen.
Institut Don-Bosco
(adresse : 60 rue d'Ensisheim)
Dans la cour de l'institut se trouvait autrefois le château des
Andlau, construit au XIIIème siècle. Ce chateau a passé
ensuite dans les mains de la famille Ruell en 1823. Le château
a servi de cantonnement aux officiers allemands durant la
première guerre mondiale . Il a été ruiné suite aux tirs
d'artillerie fin janvier 1945 et sa restauration a été abandonnée.
On y a construit l'actuel corps principal du lycée professionnel
Don Bosco.
Bibliographie :
- Mémoire en images « Wittenheim » de Jean-Charles Winnlen.
- « Les sœurs institutrices. », article de Jean-Charles Winnlen,
paru dans le bulletin municipal d'avril 1996.
- « L'institut ménager Don Bosco. » Mémento de l'activité
municipale 1965. • Place Thiers
Les fondations d'une importante villa romaine sont découvertes
fortuitement lors de la construction d'un lotissement en 1978. Une
partie de ces fondations a été sauvegardée et déplacée sur la
place Thiers.
Halle au coton ou complexe usinier « Kullmann & Cie
»
(Adresse : rue de l'ancienne filature)
En 1890, la société Kullmann qui exploitait déjà un tissage à
Mulhouse, rue Koechlin ainsi qu'une usine de filature et de tissage
à Wildenstein, entreprend la construction d'un nouvel établissement
textile à Wittenheim. Sur une emprise d'environ 19 hectares, en
plein champs, à mi-chemin entre ce qui sera bientôt le vieux
village et Kingersheim, émergent des bâtiments industriels
accompagnés des premières maisons ouvrières destinées au
personnel.
De jeunes familles ouvrières ont afflué de toute part
pour s'établir à Wittenheim. Cela n'a pas été sans poser de
sérieux problèmes pour la scolarisation des enfants. La population
communale qui se chiffrait à 1175 habitants en 1890 est passée à
1495 individus en 1895 puis successivement à 1939 habitants en 1900
après la construction de la filature à étages pour atteindre 2270
âmes en 1910. Ainsi, un nouveau quartier ou « Cité » ouvrière a
occupé les terres face à l'usine. Cet habitat ouvrier mixte
comprenait des maisons ouvrières construites par la société
Kullmann pour loger le personnel qui côtoyaient des
habitations privées d'ailleurs souvent financées grâce au crédit
accordé par la société Kullmann.
L'établissement de Wittenheim occupait près de 980 ouvriers au
début des années 1900 alors que l'ensemble des usines Kullmann a
atteint un effectif de 1800 salariés à la veille de la guerre de
14-18
Après la première guerre mondiale le complexe industriel, secoué
et affaibli par les crises du textile, est passé de mains en
mains. L'usine de Wittenheim occupait encore 468 salariés en 1961.
Elle a été démolie en 1987, de sorte qu'il n'en subsiste
aujourd'hui que la Halle au coton. Il n'en reste pas moins que
durant près d'un siècle, les parents, ou grands-parents de nombre
de Wittenheimois ont trouvé leur gagne pain chez « Kullmann ».
L'ouvragede Jean-Charles Winnlen met l'accent sur la
pénible condition ouvrière des travailleurs du textile dans les
années 1900 ainsi que sur l'impact social et urbain, laissé par la
société Kullmann, encore bien visible à Wittenheim au travers de
nombreux immeubles cédés à des particuliers.
D'après Jean Charles Winnlen
Bibliographie : - "Kullmann & Cie, des
hommes

Dollerbaechlein
Le Dollerbaechlein est le nom donné à un bras
autonome de la basse Doller serpentant dans le bassin potassique en
Haute-Alsace. Sa prise d'eau est située à Reiningue, et sa
confluence avec l'Ill, en aval d'Ensisheim.
Ce cours d'eau a eu une grande importance économique du
Moyen Âge à nos jours, tant pour l'alimentation des moulins que
pour l'irrigation. Sur son tronçon amont, jusqu'à Kingersheim il
est souvent connu sous le nom de Hagelbach. Sa longueur est
d'environ 17,85 km et son débit moyen de 200 l/s.
Il arrose les communes de Reiningue, Lutterbach, Richwiller,
Pfastatt, Kingersheim, Wittenheim, Ruelisheim
et Ensisheim.
Bibliographie
- « Notes historiques sur la pollution du Dollerbaechlein»,
article de Jean-Charles Winnlen, paru dans le bulletin municipal de
septembre 1996.
- «Le Dollerbaechlein», article de Jean-Charles Winnlen, paru
dans le bulletin municipal d'octobre 1999.
