Histoire de Wittenheim
Le passé de Wittenheim
Apparition de l'homme dans notre contrée : on peut dire que
Wittenheim est habité depuis que l'homme a pris possession de la
plaine du Rhin. Le Horoederenhubel qui s'élève à Jeune-Bois
témoigne de la présence des hommes des temps néolithique
(préhistoire).
On peut donc affirmer que l'origine de la localité remonte à la
nuit des temps.
Epoque préceltique (jusqu'à 800 ans avant J.-C.) : pendant la
période préceltique, la région est habitée, d'après les fouilles
archéologiques effectuées au Horoederenhubel. Les
archéologues ont découvert en 1930, le squelette d'un accroupi
vraisemblablement du néolithique.
En 1968, la présence d'un peuplement datant de l'âge du bronze
final sera découverte au lieu-dit Lerchbuhl.
Epoque celtique (jusqu'à 50 ans avant J.-C.) : d'après Ravenez
(historien d'Alsace) en 1830 à Wittenheim, il y avait plus d'une
vingtaine de tumuli (tas de
terre ou les Celtes déposaient
leurs morts) du genre Hallstatt.
La présence romaine
est également avérée sur le ban de Wittenheim: les fondations d'une
importante villa
romaine sont découvertes fortuitement lors de la
construction d'un lotissement en 1978. Une partie de ces
fondations a été sauvegardée et a été déplacée sur la
place de Thiers. De plus, une version du combat d'Arioviste (chef
de la coalition germanique des Suèves) contre
Jules
César, nous informe que la fuite d'Arioviste
devant son vainqueur se serait passée entre Wittelsheim, Wittenheim
et Ruelisheim. A cette occasion, un dernier combat meurtrier aurait
eu lieu au Horoederenhubel (mont des Harudes) à Jeune-bois.
Le même auteur prétend que Wittenheim a été bâti le long d'une
vieille voie de communication qui reliait les Séquanes
(habitants du Haut-Rhin) aux Leuques (habitants de la région de
Langres).
Epoque gallo-romaine (jusqu'à 377 après J.-C.): Après cet
épisode dramatique, la paix romaine a étendu ses bienfaits sur
la Gaule et aussi sur
notre agglomération. De Ring, archéologue, a constaté la
présence de ruines romaines (briques et pierres de taille datant de
ce temps). Une importante ville romaine, Augusta
Raurica, se trouvait en amont de Bâle. Au III ème siècle
commencent les invasions périodiques des tribus alémaniques en
Gaule. Au musée
d'Unterlinden à Colmar est exposé un vase trouvé a Wittenheim
et datant de cette époque.
Epoque alémanique (en l'an 403) : en l'an 403, Stilicon (général
et politicien de la Rome antique)
dégarnit la rive du Rhin des garnisons qui la protégeaient et livre
la région aux Alamans qui s'y
implantent. Quatre-vingt-dix ans plus tard, ceux-ci doivent se
ranger sous la domination victorieuse de Clovis, roi des Francs.
Epoque mérovingienne (franque jusqu'à 740) : sous les Mérovingiens,
Wittenheim se trouvait sans doute sous la domination du comte
d'Illzach. A partir du VIII ème siècle, l'abbaye de Murbach
étend son influence sur la région.
Epoque carolingienne (jusqu'en 843) : C'est en 829 qu'apparait
pour la première fois le nom de Wittenheim dans un manuscrit, sous
la mention « witanhaim ». D'après le spécialiste Michel Paul Urban,
le toponyme Wittenheim serait à traduire par "l'habitation sur la
butte" et se rapporterait à la situation du village implanté sur
une butte en bordure des bois marécageux du Nonnenbruch.
Une grande partie du territoire appartenait aux chevaliers de Hus,
vom Haus, de Domo ou de la Mayson, comme ils devaient s'appeler par
la suite suivant les circonstances. Cette famille très
puissante de Wittenheim est mentionné comme alleu (Il s'agit
d'une terre ne dépendant d'aucune seigneurie foncière), propriété
exclusive de ces chevaliers.
Epoque du Saint Empire romain germanique (jusqu'à 1300) : au XI
ème siècle, Wittenheim possédait sans doute un château et une
chapelle (Sainte-Marguerite), de la propriété des Hus, à l'endroit
de l'actuel Institut Don Bosco. Les seigneurs de Wittenheim, de
Kingersheim, d'Illzach et de Richwiller, ont érigé leurs châteaux
sur une ligne de défense artificielle. Les fossés de ces châteaux
étaient alimentés par le Dollerbächlein
ou le Muhlbach, ruisseau capté dans la Doller près de Lutterbach,
qui se jette dans l'Ill
près d'Ensisheim. Probablement les Hohenstaufen,
empereurs du
Saint Empire romain germanique, avaient confié la défense de
ces territoires à ces seigneurs. C'est au XIIe siècle qu'on entend
parler à coté des Hus du chevalier Nokerus de Wittenheim qui, pour
ses deux filles a fondé en 1138 une communauté religieuse au
couvent Sainte-Marie de Steinbach.
Epoque autrichienne (jusqu'en 1648) : à la fin du XIII
ème siècle apparaissent dans notre contrée, les chevaliers
d'Andlau originaires du village d'Andlau. En même temps, les comtes
de Habsbourg sont
devenus Empereurs, font d'Ensisheim la capitale de leurs
territoires en Alsace. Les Hus devenus de plus en plus
puissants, tandis que les chevaliers « de Wittenheim » semblent
s'éloigner progressivement du village. Habiles et clairvoyants les
Hus ont mis leur alleu sous la protection des Habsbourg,
qui sont devenus ainsi leurs souverains. On assiste à
cette époque dans toutes les villes, en particulier Mulhouse et
Colmar, aux efforts des bourgeois pour se libérer. Des « de
Wittenheim » et les Hus se sont mêlés aux querelles. Finalement,
l'une après l'autre, ces villes ont expulsé les nobles et leur ont
retiré leurs droits de bourgeoisie. Il y aura une suite
ininterrompue et longue de conflits et de guerres surtout entre
Mulhouse et les nobles.
En 1369 et 1375, des bandes « d'Anglais » dévastent la plaine du
Rhin et le couvent de Steinbach à été partiellement
détruit.
En 1386, a lieu la célèbre bataille
de Sempach près de Lucerne : les Autrichiens ont voulu
briser la résistance suisse, mais la bataille a tourné au
désavantage des chevaliers qui ont subi de lourdes pertes. Parmi
les nobles qui ont combattu aux cotés des Autrichiens et
qui ont été tués au cours de la bataille, figurent le
baron de Hasenburg Asuel qui avait des biens à Wittenheim, des
chevaliers de Hus, deux chevaliers d'Andlau, l'écuyer Gigenagel de
Witttenheim (le ménétrier).
Vers la fin du XIV ème siècle, les «de Wittenheim» ont
définitivement quitté la localité. Les seigneurs des lieux se
nomment alors vom Haus von Wittenheim.
En 1397, Catherine de Bourgogne, épouse de Léopold IV est devenu
après la mort de ce dernier, régente des
territoires autrichiens de la Haute-Alsace.
Elle a fait reconstruire le couvent de Steinbach par le
dominicain Conrad de Prussen. Ce couvent s'appelle dorénavant
couvent Sainte-Brigitte du Schoenensteinbach et devient un
important centre de réforme des ordres
dominicains de l'Allemagne du Sud et de la Suisse.
En 1419, le dernier des chevaliers vom Haus von Wittenheim,
Hartung, meurt. Son gendre, Walter d'Andlau, lui succède et
Catherine de Bourgogne l'inféode des biens ayant appartenu à son
beau-père. A ce moment, le quart du village appartient encore à
Jean Ulric vom Haus von Issenheim. Plus tard, Walter d'Andlau a
acquis également ce domaine et Wittenheim devient son fief exclusif.
Wittenheim est devenu le centre du territoire des nobles d'Andlau
en Haute-Alsace, territoire comprenant Wittenheim, Kingersheim,
Eschentzwiller, Zimmersheim, Petit-Landau, Niffer, Bellingen (en
Bade) et Obersaasheim.
En 1444 ont eu lieu les invasions des Armagnacs par le
dauphin (futur roi Louis XI), qui voulait se rendre maître de Bâle.
Mais, 1600 Bâlois arrêtent toute une armée à Saint-Jacques, aux
portes de la ville.
Vingt ans après, la guerre des Six deniers oppose Mulhouse
et les nobles, tel Pierre de Réguisheim, qui possédait des terres à
Wittenheim et qui formait avec Kingersheim un territoire
tampon entre Mulhouse et Ensisheim (Illzach appartenait depuis 1437
avec Modenheim à Mulhouse, alors que Ruelisheim appartenait à
Ensisheim).
En 1469, Le duc
Sigismond d'Autriche donne les territoires autrichiens d'Alsace
en gage à
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Pierre de
Hagenbach devient Landvogt (sheriff) de ces territoires. Mais
bientôt les Autrichiens se liguent avec les Suisse pour se
débarrasser du Landvogt (qui a été décapité à
Vieux-Brisach en 1474) et du Téméraire. Les armées de ce dernier
ont passé à Wittenheim.
Au milieu du XVI ème siècle, un différend éclate entre le
couvent de Schoenensteinbach et les nobles d'Andlau ; il est
arbitré par l'empereur.
En 1525, la guerre
des Rustauds : le couvent de Schoenensteinbach est pillé et
saccagé par les paysans de Wittenheim qui, après la répression de
la révolte, doivent restituer les biens volés et sont jugés à
Ensisheim.
En 1618, début de la guerre de
Trente ans à Prague.
En 1622, les cavaliers de Mansfeld viennent
piller le couvent de Schoenensteinbach.
En 1632, une place forte
alsacienne après l'autre tombe aux mains des Suédois. Le 25
novembre, les châteaux de Wittenheim sont détruits à leur tour par
les envahisseurs. Les habitants en fuite sont dispersés. Une partie
du village est incendié.
Première époque française (jusqu'en 1870) : après les Traités
de Westphalie, en 1648, Wittenheim est repeuplé en grande
majorité par des Suisses. Louis XV a
favorisé une politique d'immigration.
En 1685, Wittenheim est donné en gage à un certain seigneur de
Fournel qui maltraite les habitants, ceux-ci s'en plaignent au
Conseil Souverain d' Alsace. Vers le milieu du XVIII
ème siècle, le petit château (Don Bosco) est reconstruit. Le
plus grand château, incendié en 1632, est remplacé par une colline
formant un vignoble.
En 1746, l'industrie textile a été introduite à Mulhouse ; ellea
établi plus tard un certain nombre de métiers
à tisser à Wittenheim.
En 1792, les religieuses quittent le couvent de
Schoenensteinbach qui sera démoli. La
Révolution française déclare le couvent de bien national.
Il est partagé en parcelles et vendu. Les Andlau accueillent
assez bien la Révolution et ses réformes, le comte Georges d'Andlau
se couvre même de gloire dans les combats de la Révolution. Il se
retire à Wittenheim après l'exécution de Louis XVI. Puis
il devient maire de Wittenheim.
Les habitants de Wittenheim font l'apprentissage de la liberté.
On retrouve dans les écrits du Préfet, les épisodes de cette
période. La commune est, d'une part, en lutte contre les anciens
droits seigneuriaux et, d'autre part, contre les prétentions de
certains nouveaux riches essayant de s'accaparer le patrimoine.
Le dernier des barons d'Andlau, ruiné par les guerres
de l'Empire, vend ses biens à M. Ruell, ancien sous-préfet
d'Altkirch. Le fils de ce dernier, né à Mayence, lui-même maire de
Wittenheim pendant un certain temps, est le père de
Madame Cuénot d'Alès, qui, lors de sa mort, fait don du
château à l'Evêché de Strasbourg.
Le baron Georges d'Andlau meurt en 1837 à Cernay. On peut encore
y voir sa tombe. Son fils aîné avait été tué à la bataille de la
Moskova en 1812. Le second fils fut tué en 1830.
Un certain nombre de maires menent une action efficace à
Wittenheim, notamment MM. Gegauff, Baumgartner, Stellen, Maurer et
Ebersol, qui créent et équipent les premières écoles.
Epoque allemande (jusqu'en 1918) : En 1870, on trouve un appel
du conseil municipal votant une somme assez importante pour venir
en aide à l'armée du
Rhin. D'après la tradition locale, le maire Ebersol, cache les
armes des soldats français et jamais personne ne l'a trahi.
En 1879, les sociétés culturelles et sportives commencent à
s'implanter et à se développer. C'est ainsi que la société de
musique Vogésia est créée à Wittenheim. Sur son premier drapeau
figure le grand «T», ancien écusson de Wittenheim surmonté d'une
couronne ayant la forme d'un château (qui rappelle peut-être
l'ancien château des Andlau à Wittenheim).
En 1890, nous entrons dans l'ère industrielle par l'implantation
des Filatures
et Tissages
de Wittenheim qui se nomment alors Kullmann et Cie. Le premier
tramway à vapeur qui relie Mulhouse à la localité est inauguré
en 1888. Puis, ce sont les forages des puits Théodore et
Prince-Eugène qui démarrent l'exploitation minière à Wittenheim (en
1912), et transforment notre secteur géographique en une
grande région minière et industrielle.
La première guerre mondiale (1914-1918) n'a pas fait de pas de
dégâts matériels. La population a souffert des restrictions
alimentaires, et de nombreuses victimes ont été inscrites sur le
monument aux morts (100 hommes).
Deuxième époque française jusqu'à nos jours : En 1929, le
tramway est électrifié et prolongé jusqu'à Ensisheim. De 1930
à 1936, il y a un fort ralentissement de la production de la potasse. Pendant
quelque temps, les Filatures et Tissages Kullmann ferment leur
unité de production.
Lors de la
seconde guerre mondiale (1939-1945), Wittenheim est
annexée en juin 1940 (comme toute l'Alsace) par le régime
nazi allemand et est libérée entre le 31 janvier et le 2
février 1945. La
Croix de Guerre est attribuée à la commune pour avoir été
douloureusement éprouvée par l'occupation et la guerre.
L'après-guerre est marqué par l'embellissement remarquable du
centre ville.
En 1958, la ville de Wittenheim devient chef lieu du canton,
ce qui contribue à son rayonnement dans le bassin minier et marque
pour elle un renouveau.
En 1965, est crée le
syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVOM) du
Bassin Potassique dont la commune de Wittenheim est membre.
En1972, la mine Fernand ferme.
En 1973, Fermeture de la mine Anna.
En 1986, le puits Théodore est remblayé
En 1995, le SIVOM du Bassin Potassique est transformé en
Communauté de Communes du Bassin Potassique (CCBP)
2004, Wittenheim intègre la Communauté
d'Agglomération Mulhouse Sud Alsace (CAMSA) comme 9 autres
communes du Bassin Potassique.
2010, Wittenheim intègre la Communauté d'Agglomération de
la Région Mulhouse Alsace (M2A)